<< Le dit site est sur la toile afin de faire vivre la mémoire des fortifications (et des hommes qui les ont bâtis) ainsi que l'histoire passée de la Moselle et de l'Alsace pendant deux périodes d'annexion qui ont marqué des générations (1871 à 1918 - 1940 à 1945).

La nature reprenant ses droits de décennie en décennie, ces ouvrages sont voués - pour beaucoup c'est sur - à tomber dans l'oublis. Le site est là pour conserver leur mémoire sur nos trois départements (Moselle, Bas-Rhin & Haut-Rhin).

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La Moselle, espace de transition entre les mondes romans et germaniques, comme la Lorraine, l'Alsace et la Franche-Comté, a été tiraillée entre le royaume de France et le Saint-Empire romain germanique.
 
Lorsqu'il fut question en 1790 de diviser l'ancien duché de Lorraine en départements, plusieurs députés Lorrains ont défendu l'idée de créer un département de "Lorraine allemande" (dont une grande partie de l'actuelle Moselle aurait fait partie) avec pour chef-lieu Saint-Avold ou Sarreguemines, dans le but de regrouper la zone germanophone de Lorraine en un seul bloc et d'éviter les problèmes linguistiques, par exemple au niveau administratif. En effet, lors de la séance de l'Assemblée du 8 janvier 1790, le litige principal portait sur le fait de savoir si la Lorraine allemande serait tout entière dans un seul département. Et si tel aurait été le cas, ça aurait conduit à réunir Metz et Verdun dans un même département, chose qui ne plaisait pas aux députés Verdunois.
Finalement ce projet ne fut pas retenu pour raisons diverses et une partie de la Lorraine germanophone se retrouva dans le Nord-Est de la Meurthe (Albestroff, Fénétrange, Sarrebourg, Phalsbourg).
Dans son dictionnaire topographique du département rédigé en 1868 (concernant donc la Moselle dans ses anciennes frontières), Ernest de Bouteiller décrit comme suit : « Si vous tirez une ligne oblique du Nord Ouest au Sud Est, c'est-à-dire de Mont-Saint-Martin à Uckange, puis, en suivant, d'Uckange à Gros-Tenquin, le département sera partagé en deux moitiés, dont on peut dire que l'une, au Nord Est, est toute allemande et l'autre, au Sud 0uest, toute française. Il arrive parfois que deux villages, quoique voisins, se comprennent difficilement ou ne se comprennent pas du tout, et cette différence de langage a existé de temps immémorial ».
« Le patois parlé (roman), subsiste encore aujourd'hui dans les villages ; mais il tend chaque jour à disparaître, pour faire place à la langue française ».
« Dans l'arrondissement de Thionville, il existe un patois allemand dont les différences caractéristiques se rapportent à une langue particulière. Des mots propres qui ne se trouvent pas dans l'allemand »
La Moselle est l'un des 83 départements créés à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir notamment de la partie nord de la Province de Lorraine. L'un de ses premiers préfets fut le comte de Vaublanc de 1805 à 1814. Neuf districts : Metz, Bitche, Boulay, Briey, Longwy, Morhange, Sarreguemines, Sarrelouis et Thionville.
En mars 1793, il restait encore dans le département plusieurs enclaves étrangères : Manderen, Hundling, Rouhling, Lixing, Zetting et Dieding. Le comté de Créhange est intégré de facto au département en 1793, puis de jure en 1801 via le traité de Lunéville.
Le département connaît diverses rectifications de frontière jusqu'au traité de Paris de 1815, où lui est repris la ville de Sarrelouis et ses environs (voir : Canton de Relling, Canton de Sarrelouis, Canton de Tholey).
Il en est de même de la ville de Sarrebruck et de ses environs, lesquels n'étaient rattachés à ce département que depuis le traité de Paris de 1814. Ainsi que Bouquenom et Sarrewerden qui étaient rattachés au département de 1790 à 1793, puis Obersteinbach en 1833 qui furent transférés au Bas-Rhin. Le département est alors divisé en quatre arrondissements : Metz (chef-lieu du département), Briey, Sarreguemines et Thionville.
La première moitié du XIXe siècle est marquée par les épidémies de choléra, cela principalement dans l'Ouest mosellan.
La Moselle disparaît le 18 mai 1871, à la suite du traité de Francfort par lequel le nouvel Empire allemand, proclamé le 18 janvier précédent dans la galerie des glaces du château de Versailles, en annexe la plus grande partie, ainsi qu'une portion du département de la Meurthe et des Vosges. Seul l'extrême-ouest de la Moselle -l'actuel arrondissement de Briey- reste français et forme, avec les arrondissements du département de la Meurthe restés français, le nouveau département de Meurthe-et-Moselle. Les territoires devenus alors allemands comprennent non seulement la partie germanophone de la Lorraine, avec Thionville, Boulay, Sarreguemines et Sarrebourg, dont les habitants parlent le platt, mais encore des régions où l'on parle français, comme le Pays messin ou le Saulnois (sauf le canton d'Albestroff). Les arrondissements existants depuis 1800 sont redécoupés, et l'on crée le district de Lorraine (Bezirk Lothringen), correspondant à l'actuel département de la Moselle. Il forme avec l'Alsace, l'Alsace-Lorraine (Elsaß-Lothringen), avec Strasbourg pour chef-lieu. De là est né le mythe des provinces perdues, correspondant en fait à cette nouvelle terre d’Empire, ou Reichsgebiet, dont les traces subsistent dans le statut particulier de l'Alsace-Moselle.
Entre l'armistice du 11 novembre 1918 et la promulgation du traité de Versailles le 10 janvier 1920, la Moselle est juridiquement un territoire sous occupation de l'armée française. Quand en 1919, le traité de Versailles rendit à la France les territoires lorrains perdus, on ne reconstitua pas les anciens départements, mais le district de Lorraine devint le "nouveau" département de la Moselle, conservant les anciens arrondissements de Boulay-Moselle, Forbach, Metz, Sarreguemines et Thionville et ceux de Château-Salins et Sarrebourg, qui avant 1871 appartenaient à la Meurthe. Le département de Meurthe-et-Moselle resta inchangé, conservant l'arrondissement "mosellan" de Briey.
La géographie de ces départements n'a pas été modifiée après le traité de Versailles, car les trois départements annexés, constituant l'Alsace-Moselle, jouissent de particularités locales dues au fait que des lois fondamentales de la République française (loi de séparation des Églises et de l'État), qui ont été votées dans la « France de l'intérieur » pendant la période allemande, n'y sont pas appliquées. Les élus Alsaciens et Mosellans n'entendaient pas qu'un rattachement à la France leur fasse perdre leurs avantages acquis (sécurité sociale, jours fériés, rémunération des cultes par l'État) et auraient été en droit de poser la question du rattachement de l'Alsace et de la Lorraine à l'Allemagne, ou à la France, devant la Société des Nations, qui aurait organisé un référendum. En Alsace et en Moselle, on bénéficie ainsi de jours fériés supplémentaires (Vendredi saint et Saint-Étienne, lendemain de Noël), par rapport au reste de la France. De même, en Alsace-Moselle, les trains circulent à droite comme en Allemagne, alors que dans le reste de la France, ils circulent à gauche.
Dans l'entre-deux-guerres, la Moselle reste traumatisée par les déchirures de la guerre et les dommages collatéraux des nationalismes. Les intellectuels mosellans réagissent diversement au rattachement de la Moselle à la France. Certains s’engagent sur la voie d’un nationalisme pro-français, revanchard et cocardier. D’autres s’engagent sur la voie antagoniste d’un nationalisme pro-allemand, tout aussi vindicatif et belliqueux. D’autres encore, comme Adrienne Thomas, Polly Maria Höfler, Ernst Mungenast ou Alfred Pellon, hésitent entre un pacifisme sincère, mais naïf, et un régionalisme culturel identitaire. Ces mouvements, plus ou moins autonomistes, seront ensuite largement exploités par les nazis. Ce combat identitaire, souvent mené par des intellectuels idéalistes, qui s’inscrit parmi des courants de sensibilité à l’œuvre dans l’Europe entière, traduit aussi une crise d’identité propre à l’ensemble des Alsaciens-Lorrains.
Après la Seconde Guerre mondiale et la fin de l'annexion nazie de la Moselle et de l'Alsace, le département mosellan est rattaché administrativement aux deux départements alsaciens. La Moselle intègre cependant la « région de programme de Lorraine » qui est créée en 1956 et qui est administrée par les préfets de la Moselle à partir de 1964. En 1972, l'académie de Nancy-Metz voit le jour, la Moselle est alors détachée de l'académie de Strasbourg dont elle faisait partie depuis 1919. En 1982, à la suite des lois Defferre sur la régionalisation, les régions obtiennent le statut de collectivité territoriale et le département de la Moselle fait partie de celle de Lorraine jusqu'en décembre 2015.

 

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